Le
berceau familial de Muriel ROBIN se cache en grande partie dans
les monts du Forez, avec de nombreux chausseurs, sabotiers, meuniers
et agriculteurs. Des racines auxquelles cette artiste au grand
coeur reste très attachée.
Muriel
Robin est sur les planches. En décembre, elle joue les
dernières dates de son spectacle "Au Secours",
écrit à quatre mains avec son complice, Pierre PALMADE.
Entre les lignes, la comédienne nous parle d'elle, de sa
vie, de sa famille, avec le verbe qui lui va si bien. Elle convoque
sur le plateau son père, sa mère, sa fratrie. L'occasion
pour nous de remonter sa généalogie, à la
rencontre de ses ancêtres en grande partie originaires des
monts du Forez, sans oublier la branche aux racines lorraines.
Chausseurs
et meuniers
Muriel
Robin est née à Montbrison (42). Une grande partie
de la famille travaille dans la chaussure : « La chaussure
Robin, la chaussure qui va loin », scandent-ils en cœur.
Antoine Robin, son père, ouvre son propre magasin, place
Saint-Pierre, tandis que sa tante Sidonie succède au grand-père,
rue Saint-Jean. L'autre soeur d'Antoine a également son
propre magasin. Les parents de Muriel ont ajouté à
leur commerce sédentaire une activité de forain.
Au début des années 60, la famille quitte Montbrison
pour s'établir à Saint-Étienne (42) et poursuivre
son activité. Les Robin ne sont pas arrivés par
hasard dans la chaussure. En effet, l'arrière-grand-père
de Muriel, Jean Roche, était sabotier, une activité
fort répandue dans cette région de France.
Son autre arrière-grand-père, Antoine Robin, était
cultivateur, mais aussi meunier. Né à Montbrison
en 1835, il était le fils de Mathieu Robin, dit le Cadet
; ses parents ont eu la bonne idée de donner à deux
de leurs fils le même prénom : l'un est dit l'Aîné,
et l'aïeul de Muriel est dit le Cadet. Ce petit détail
ne facilite pas les recherches ! D'autant plus que tous deux épousent
les filles de Georges Guinasse, lui-même meunier de La Renardière
à Montbrison.
On compte au XIXe siècle de nombreux moulins le long du
Vizezy, la rivière qui passe par Montbrison. La plupart
moulent du grain, mais certains servent à écraser
le chanvre et la laine, pour la fabrication de la bière
et du cidre ; d'autres moulins sont destinés à l'huile.
Les cultivateurs qui ont la chance d'être au bord du cours
d'eau construisent eux-mêmes leurs moulins, pour un usage
personnel. Ainsi, ils fabriquent une espèce de farine grossière
appelée « bru », qu'ils donnent au bétail
en hiver.
De une à quatre noces
Dans
la lignée patronymique, l'ancêtre le plus ancien
est Gabriel Robin. Il épouse en premières noces
Marguerite Bernard. Veuf le 18 septembre 1689, il épouse
en secondes noces, le 2 février 1694 à Montbrison,
Marie Pallay qui, pour sa part, est veuve de Charles Bernard.
Le fils de Gabriel et Marie Pally, Pierre Robin, se marie à
Claudine Fouillouse, fille de Pierre Fouillouse de Savigneux (42)
et de Benoîte Dela-pierre. De cette union naît un
fils prénommé comme son père, Pierre, qui
épouse en premières noces Antoinette Rodomel et
en secondes noces Toussainte Chatel, fille de Jean Chatel et de
Benoîte Palley dont les parents possèdent le moulin
de Beauregard à Montbrison. Pierre et Toussainte ont un
fils : François Robin qui allie son destin à Benoîte
Joannard, fille de Mathieu et d'Antoinette Cognasse dont le père
Thomas Cognassy (Cognasse) est le fils d'Annet Cognassy. Annet
épouse en premières noces, le 15 juillet 1693 à
Montbrison, Antoinette Pla-gneu. En secondes noces, il convole
le 30 août 1695 avec Sybille Jucquel (native de Moingt),
veuve de Jean Plagneu, le beau-frère de son nouveau mari.
Sybille Jucquel, veuve une seconde fois, épouse, le 14
octobre 1704, Pierre Gorou et en quatrièmes noces le 6
octobre 1715, Mathieu Roux.
François Robin et Benoîte Jouannard sont les parents
de Mathieu Robin dit le Cadet, qui voit le jour à Montbrison
le 29 avril 1811 et se marie à la sœur de sa belle-sœur,
Jeanne Guinasse, née à Montbrison le 28 juin 1814.
De cette union est issu Antoine le 5 janvier 1835.
Ancienne
famille de Lorraine
Ce
dernier épouse Sidonie Vincent, originaire de Lorraine,
d'un petit village perdu près de Lunéville, Parux
(54), où elle est née le 20 avril 1848. Sidonie
perd ses parents à quelques jours d'intervalle. Son père,
Jean Hubert Vincent, meurt à Parux, le 9 mai 1868. Son
épouse, Marie Cécile François, s'éteint
le 22 mai 1868. Le père de Jean Hubert Vincent, Jean Nicolas
Vincent, est né à Parux le 9 mars 1772 et se marie
dans ce bourg, le 15 octobre 1791, à Catherine L'Hôste,
d'une très ancienne et nombreuse famille de Lorraine.
On remonte cette famille jusqu'au XVe siècle. L'un des
ancêtres de Sidonie Vincent, Claude jean L'Hôste,
décédé à Badonviller (54) en 1678,
a épousé Anne Lejal dont la grand-mère est
Anne Dombasle ; le père de cette dernière, François
Dombasle est maître échevin à Badonviller.
Un des frères de Sidonie Vincent, Eugène Vincent,
est maréchal-ferrant et l'autre, Hubert, est cultivateur.
L'un d'eux vient sur Montbrison et c'est là que Sidonie
rencontre Antoine Robin. Ensemble, ils ont 4 enfants : Benoît
qui suit Mathieu, mort jeune ; Victor Mathieu, né le 13
novembre 1884, marié à Mélanie Rondel. Il
vécut à Saint Etienne et eut deux filles ; Antoine
Robin, le plus jeune, né le 22 septembre 1889, marié
sans enfant, fait une carrière dans la banque.
Benoît, l'aîné, est né
le 14 juillet 1877 ; il épouse Marie Adélaïde
Roche, fille de Jean Roche, et de Marguerite Chartre, née
le 25 octobre 1856 à Val Civières (63). Les Roche
sont des cultivateurs, propriétaires établis à
Espinasse (63). Le grand-père de Jean Roche, prénommé
lui aussi Jean, est propriétaire cultivateur à Dizangue
dans la commune de Sauvin.
Entre
Napoléon et le Pape
La
mère de Muriel Robin, Aimée Rimbaud, est la fille
de Pierre Rimbaud, cultivateur né à Vertolaye (63),
le 28 août 1861. Cette lignée a un destin remarquable.
En effet, une lointaine
ancêtre de Pierre Rimbaud, Antonia Torlonias, qui vivait
au XVIe siècle, est issue d'une famille qui tire son nom
du village de La Pérouse, non loin de Marat. Il ne reste
aujourd'hui hélas plus beaucoup de traces de cette famille
sur ces lieux : quelques maisons en ruine et quelques pans de
murs d'un moulin en contrebas, le moulin de Faure.
Cette famille va s'illustrer quelques siècles plus tard.
En effet l'un de ses membres, Marin Torlonias, quitte son village
natal à 20 ans pour suivre l'abbé Morgon. Il devient
son valet puis son secrétaire personnel. À la mort
de l'ecclésiastique, Marin s'établit avec l'argent
que lui a laissé le brave prêtre, comme commerçant
en draperie et soierie. Il se marie et forme son fils Giovanni
aux affaires. Plus que lucratives, celles-ci l'amènent
à créer une banque : la banque Torlonia. Son fils
prend la suite et va faire prospérer le patrimoine familial
d'une façon fabuleuse. L'Histoire, la grande, va les aider
: Napoléon envahit l'Italie et met le pape sous sa coupe,
lui réclamant de l'argent liquide pour lui laisser sa liberté.
Le pape ne disposant pas de liquidité, s'adresse à
la jeune et prospère banque Torlonia pour payer Napoléon.
La messe est dite !
Toute la communauté vient emprunter chez les Torlonia contre
biens meubles et immeubles, et le pape le fait marquis. Giovanni
acquiert le duché de Braciano et donne une descendance
des plus illustres en Italie, s'alliant à la famille royale
d'Espagne et à la famille grand ducale du Luxembourg.
Coco
Chanel et Arletty
Mais
revenons à l'Auvergne qui ne nous a pas tout dévoilé
! En effet, la grand-mère de Pierre Rimbaud, Jeanne Goutebroze,
est issue de la même famille que la grande demoiselle, Coco
Chanel. Les Goutebroze sont du village de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme.
La mère de Pierre Rimbaud, Marie Gallon, est la fille de
Jean-Marie Gallon et de Jeanne Gilbertas, cette ancienne famille
de Marat qui a donné aussi naissance à Arletty.
Côté Rimbaud, la famille est bien établie
en Auvergne à Vertolaye, Job, La Chapelle-Agnon, Bertignat.
La grand-mère maternelle de Muriel, Lucie Chazelle, est
native de Sauvain (42) où ses parents sont propriétaires
terriens au hameau de Champas depuis plusieurs générations
Article
de Luc ANTONINI
Paru à la Revue
Française de Généalogie - n°
161 Déc 2005/Janv. 2006
Documentation
:
http://www.rfgenealogie.com/
http://www.ville-montbrison.fr/accueil.html
http://www.forez-info.com/
Extrait
Vidéo Emission "Tous Cousins" (A prime / France
2 - Mai 2005) :
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Tous
Cousins !
(France 2 / Louvin Prod / A Prime
- mai 2005)
mis
en ligne le 12/08/05 |
