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Article de Luc ANTONINI
Paru à la Revue Française de Généalogie - n° 161 Déc 2005/Janv. 2006

 

Le berceau familial de Muriel ROBIN se cache en grande partie dans les monts du Forez, avec de nombreux chausseurs, sabotiers, meuniers et agriculteurs. Des racines auxquelles cette artiste au grand coeur reste très attachée.

Muriel Robin est sur les planches. En décembre, elle joue les dernières dates de son spectacle "Au Secours", écrit à quatre mains avec son complice, Pierre PALMADE.
Entre les lignes, la comédienne nous parle d'elle, de sa vie, de sa famille, avec le verbe qui lui va si bien. Elle convoque sur le plateau son père, sa mère, sa fratrie. L'occasion pour nous de remonter sa généalogie, à la rencontre de ses ancêtres en grande partie originaires des monts du Forez, sans oublier la branche aux racines lorraines.

Chausseurs et meuniers

Paysage du ForezMuriel Robin est née à Montbrison (42). Une grande partie de la famille travaille dans la chaussure : « La chaussure Robin, la chaussure qui va loin », scandent-ils en cœur. Antoine Robin, son père, ouvre son propre magasin, place Saint-Pierre, tandis que sa tante Sidonie succède au grand-père, rue Saint-Jean. L'autre soeur d'Antoine a également son propre magasin. Les parents de Muriel ont ajouté à leur commerce sédentaire une activité de forain. Au début des années 60, la famille quitte Montbrison pour s'établir à Saint-Étienne (42) et poursuivre son activité. Les Robin ne sont pas arrivés par hasard dans la chaussure. En effet, l'arrière-grand-père de Muriel, Jean Roche, était sabotier, une activité fort répandue dans cette région de France.
Son autre arrière-grand-père, Antoine Robin, était cultivateur, mais aussi meunier. Né à Montbrison en 1835, il était le fils de Mathieu Robin, dit le Cadet ; ses parents ont eu la bonne idée de donner à deux de leurs fils le même prénom : l'un est dit l'Aîné, et l'aïeul de Muriel est dit le Cadet. Ce petit détail ne facilite pas les recherches ! D'autant plus que tous deux épousent les filles de Georges Guinasse, lui-même meunier de La Renardière à Montbrison.
On compte au XIXe siècle de nombreux moulins le long du Vizezy, la rivière qui passe par Montbrison. La plupart moulent du grain, mais certains servent à écraser le chanvre et la laine, pour la fabrication de la bière et du cidre ; d'autres moulins sont destinés à l'huile. Les cultivateurs qui ont la chance d'être au bord du cours d'eau construisent eux-mêmes leurs moulins, pour un usage personnel. Ainsi, ils fabriquent une espèce de farine grossière appelée « bru », qu'ils donnent au bétail en hiver.

De une à quatre noces

MontbrisonDans la lignée patronymique, l'ancêtre le plus ancien est Gabriel Robin. Il épouse en premières noces Marguerite Bernard. Veuf le 18 septembre 1689, il épouse en secondes noces, le 2 février 1694 à Montbrison, Marie Pallay qui, pour sa part, est veuve de Charles Bernard.
Le fils de Gabriel et Marie Pally, Pierre Robin, se marie à Claudine Fouillouse, fille de Pierre Fouillouse de Savigneux (42) et de Benoîte Dela-pierre. De cette union naît un fils prénommé comme son père, Pierre, qui épouse en premières noces Antoinette Rodomel et en secondes noces Toussainte Chatel, fille de Jean Chatel et de Benoîte Palley dont les parents possèdent le moulin de Beauregard à Montbrison. Pierre et Toussainte ont un fils : François Robin qui allie son destin à Benoîte Joannard, fille de Mathieu et d'Antoinette Cognasse dont le père Thomas Cognassy (Cognasse) est le fils d'Annet Cognassy. Annet épouse en premières noces, le 15 juillet 1693 à Montbrison, Antoinette Pla-gneu. En secondes noces, il convole le 30 août 1695 avec Sybille Jucquel (native de Moingt), veuve de Jean Plagneu, le beau-frère de son nouveau mari. Sybille Jucquel, veuve une seconde fois, épouse, le 14 octobre 1704, Pierre Gorou et en quatrièmes noces le 6 octobre 1715, Mathieu Roux.
François Robin et Benoîte Jouannard sont les parents de Mathieu Robin dit le Cadet, qui voit le jour à Montbrison le 29 avril 1811 et se marie à la sœur de sa belle-sœur, Jeanne Guinasse, née à Montbrison le 28 juin 1814. De cette union est issu Antoine le 5 janvier 1835.

Ancienne famille de Lorraine

Ce dernier épouse Sidonie Vincent, originaire de Lorraine, d'un petit village perdu près de Lunéville, Parux (54), où elle est née le 20 avril 1848. Sidonie perd ses parents à quelques jours d'intervalle. Son père, Jean Hubert Vincent, meurt à Parux, le 9 mai 1868. Son épouse, Marie Cécile François, s'éteint le 22 mai 1868. Le père de Jean Hubert Vincent, Jean Nicolas Vincent, est né à Parux le 9 mars 1772 et se marie dans ce bourg, le 15 octobre 1791, à Catherine L'Hôste, d'une très ancienne et nombreuse famille de Lorraine.
On remonte cette famille jusqu'au XVe siècle. L'un des ancêtres de Sidonie Vincent, Claude jean L'Hôste, décédé à Badonviller (54) en 1678, a épousé Anne Lejal dont la grand-mère est Anne Dombasle ; le père de cette dernière, François Dombasle est maître échevin à Badonviller.
Un des frères de Sidonie Vincent, Eugène Vincent, est maréchal-ferrant et l'autre, Hubert, est cultivateur. L'un d'eux vient sur Montbrison et c'est là que Sidonie rencontre Antoine Robin. Ensemble, ils ont 4 enfants : Benoît qui suit Mathieu, mort jeune ; Victor Mathieu, né le 13 novembre 1884, marié à Mélanie Rondel. Il vécut à Saint Etienne et eut deux filles ; Antoine Robin, le plus jeune, né le 22 septembre 1889, marié sans enfant, fait une carrière dans la banque.

Benoît, l'aîné, est né le 14 juillet 1877 ; il épouse Marie Adélaïde Roche, fille de Jean Roche, et de Marguerite Chartre, née le 25 octobre 1856 à Val Civières (63). Les Roche sont des cultivateurs, propriétaires établis à Espinasse (63). Le grand-père de Jean Roche, prénommé lui aussi Jean, est propriétaire cultivateur à Dizangue dans la commune de Sauvin.

Entre Napoléon et le Pape

Obélisque de la Villa TorloniaLa mère de Muriel Robin, Aimée Rimbaud, est la fille de Pierre Rimbaud, cultivateur né à Vertolaye (63), le 28 août 1861. Cette lignée a un destin remarquable. En effet, une lointaine
ancêtre de Pierre Rimbaud, Antonia Torlonias, qui vivait au XVIe siècle, est issue d'une famille qui tire son nom du village de La Pérouse, non loin de Marat. Il ne reste aujourd'hui hélas plus beaucoup de traces de cette famille sur ces lieux : quelques maisons en ruine et quelques pans de murs d'un moulin en contrebas, le moulin de Faure.
Cette famille va s'illustrer quelques siècles plus tard. En effet l'un de ses membres, Marin Torlonias, quitte son village natal à 20 ans pour suivre l'abbé Morgon. Il devient son valet puis son secrétaire personnel. À la mort de l'ecclésiastique, Marin s'établit avec l'argent que lui a laissé le brave prêtre, comme commerçant en draperie et soierie. Il se marie et forme son fils Giovanni aux affaires. Plus que lucratives, celles-ci l'amènent à créer une banque : la banque Torlonia. Son fils prend la suite et va faire prospérer le patrimoine familial d'une façon fabuleuse. L'Histoire, la grande, va les aider : Napoléon envahit l'Italie et met le pape sous sa coupe, lui réclamant de l'argent liquide pour lui laisser sa liberté. Le pape ne disposant pas de liquidité, s'adresse à la jeune et prospère banque Torlonia pour payer Napoléon. La messe est dite !
Toute la communauté vient emprunter chez les Torlonia contre biens meubles et immeubles, et le pape le fait marquis. Giovanni acquiert le duché de Braciano et donne une descendance des plus illustres en Italie, s'alliant à la famille royale d'Espagne et à la famille grand ducale du Luxembourg.

Coco Chanel et Arletty

Mais revenons à l'Auvergne qui ne nous a pas tout dévoilé ! En effet, la grand-mère de Pierre Rimbaud, Jeanne Goutebroze, est issue de la même famille que la grande demoiselle, Coco Chanel. Les Goutebroze sont du village de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme. La mère de Pierre Rimbaud, Marie Gallon, est la fille de Jean-Marie Gallon et de Jeanne Gilbertas, cette ancienne famille de Marat qui a donné aussi naissance à Arletty.
Côté Rimbaud, la famille est bien établie en Auvergne à Vertolaye, Job, La Chapelle-Agnon, Bertignat. La grand-mère maternelle de Muriel, Lucie Chazelle, est native de Sauvain (42) où ses parents sont propriétaires terriens au hameau de Champas depuis plusieurs générations

 

Article de Luc ANTONINI
Paru à la Revue Française de Généalogie - n° 161 Déc 2005/Janv. 2006

Documentation :

http://www.rfgenealogie.com/
http://www.ville-montbrison.fr/accueil.html
http://www.forez-info.com/

Extrait Vidéo Emission "Tous Cousins" (A prime / France 2 - Mai 2005) :

Tous Cousins !
(France 2 / Louvin Prod / A Prime - mai 2005)

mis en ligne le 12/08/05

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