| Un
coeur en or
Télé
7 Jours - 27 mars 2006
Marie
Anne GONGORA
Les
années passent. Sa disponibilité demeure intacte.
La marraine de l'association créée par Coluche s'émerveille
devant cette famille d'artistes qui rêve d'un monde sans misère
et qui s'agrandit.
Votre
première participation aux Restos du Cœur date de 1991.
Quelle était votre motivation ?
Je me suis proposée spontanément pour aider à
monter le chapiteau en bas des Champs-Elysées et à
récolter de l'argent pour les Restos. Ensuite, on m'a nommée
marraine et porte-parole.
La
famille des Enfoirés s'est beaucoup agrandie depuis...
Oui, il y a beaucoup de jeunes chanteurs comme Amel Bent, Chimène
Badi et Raphaël, des vedettes qui ont émergé
dans l'année. Nous en sommes à la deuxième
génération d'artistes. Maintenant, c'est devenu un
grand barnum, avec plus de quarante participants, qui demande qu'on
se mette au travail dès le mois d'octobre. Beaucoup de bénévoles
y participent et je leur tire mon chapeau.
Comment
devient-on un Enfoiré?
C'est Jean-Jacques Goldman et Anne Marcassus (directrice artistique
des Enfoirés) qui décident. La seule règle
: sélectionner ceux pour qui ça marche déjà
et qui n'ont pas besoin de promo pour leur carrière. Ce n'est
pas une émission de variété de plus. Il faut
oublier son ego pour servir une cause.
Les
motivations de ces nouveaux artistes ?
Aider les plus démunis ! Ils donnent une semaine entière
de leur temps exclusivement pour ce spectacle.
Des
nouveautés cette année?
Il y aura 24 tableaux avec des décors magnifiques et plus
d'artistes sur scène en même temps sur scène.
C'est gigantesque, très beau !
Quelle
est l'ambiance ?
Bonne. L'esprit de Coluche, c'est la solidarité, le souci
de ceux qui sont dans la rue. Il s'(est beaucoup battu pour ça.
Jean-Jacques GOLDMAN a pris le relais. La pauvreté augmentant
d'année en année (plus de 5% par rapport à
l'année dernière), nous continuons son combat avec
la même force. Un tel rassemblement d'artistes mobilisés
chaque année est unique au monde !
N'êtes-vous
pas un peu découragée ?
Non, je reste motivée, mais j'aimerais entendre « la
misère, ça n'existe plus ». Ici ou ail leurs.
Avec Marine Jacquemin nous nous sommes mobilisées pour que
se construise un hôpital à Kaboul (www.enfantsafghans.com).
J'avais été très émue par un de ses
reportages sur le manque de soins pour les enfants . Actuellement,
l'hôpital existe et 150 personnes y travaillent !
Ces
engagements : un besoin d'expier, d'amour, un rêve d'enfance?
Je n'ai rien à expier. Aucune culpabilité. C'est un
rêve d'enfant. Quand on a accepté le principe que sauver
le monde entier n'est pas possible, on essaie d'être utile
à son niveau. À 18 ans, mes parents m'ont offert une
2 CV. Sur la route, quand je voyais des gens chargés de bagages
et sans voiture, je les faisais monter dans la mienne. Je crois
à l'entraide. Et aux Restos du Coeur. Parce qu'aujourd'hui,
nous n'avons toujours pas le droit d'avoir faim, ou d'avoir froid...
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